Jean-Baptiste… Saint Augustin… Nous… Nous sommes appelés à témoigner.

Jean-Baptiste est le dernier des grands prophètes de l’Ancien Testament mais aussi le premier témoin direct (avec Marie !) de Celui qui est le Verbe et  la Lumière, révélation du Père. Il nous dit: « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient Celui que vous ne connaissez pas… ». Quelques versets plus loin, il ajoute lors du baptême de Jésus dans le Jourdain : « J’ai vu l’Esprit tel une colombe, descendre du Ciel et demeurer sur Lui… ». Jean-Baptiste a cru avant d’avoir vu. La mission de l’annonce, comme au temps de Jean-Baptiste, reste plus que jamais de ce monde. Reprenons aussi à notre compte cette phrase d’Isaïe : « Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur ».

Nous qui croyons (si fébrilement ?) sans avoir vu, nous qui vivons de plus en plus dans un désert de foi, comment témoignons-nous auprès de nos frères ? En quoi aplanissons-nous le chemin qui mène vers la lumière les chercheurs de Dieu ? Sommes-nous la petite lampe qui émet une lueur sur le chemin des catéchumènes ou des baptisés « égarés » sur notre terre ?

Leur témoignage est une parole qui fait grandir notre foi.

Cette lumière, un catéchumène illustre en parle merveilleusement bien : Saint Augustin ! Converti à 28 ans après une vie dissolue, il nous a légué une œuvre immense. Méditons ce passage des « Confessions VII,X,16 » intitulé : « Dieu est la lumière immuable ».

« Ainsi averti de revenir à moi, j’entrai dans le plus secret de mon âme, sous ta conduite. J’entrai, et j’aperçus de l’œil intérieur, si faible qu’il fût, au-dessus de cet œil intérieur, au dessus de mon intelligence, la lumière immuable ; non cette lumière évidente au regard charnel, non pas une autre, de même nature, dardant d’un plus vaste foyer de plus vifs rayons et y remplissant l’espace de sa grandeur. Cette lumière était d’un ordre tout différent. Et elle n’était point au dessus de mon esprit, ainsi que l’huile est au dessus de l’eau, et le ciel au dessus de la terre ; elle m’était supérieure, comme auteur de mon être ; je lui étais inférieur comme son ouvrage. Qui connaît la vérité voit cette lumière, et qui voit cette lumière connaît l’éternité. L’amour est l’œil qui la voit. »

Que ce temps de l’Avent soit un temps de conversion, un temps privilégié pour la prière ; qu’il écarte de nos yeux et de notre cœur tout ce qui fait obstacle à la rencontre de Celui qui est (déjà) au milieu de nous. Et préparons la route au Seigneur pour nos frères.    

                                                                                                                                          

           Joël CANIOU, diacre